Le contrat de séjour en EHPAD est un document juridique qui fixe les droits du résident, les prestations de l’établissement et les conditions de vie pour toute la durée de l’hébergement. Avant de le signer, la visite de l’établissement constitue le moment où les familles peuvent vérifier que les engagements écrits correspondent à la réalité du terrain. Certaines questions, rarement posées, révèlent pourtant des écarts significatifs entre deux établissements d’apparence comparable.
Taux d’encadrement soignant et organisation des unités de vie en EHPAD
La plupart des familles pensent à demander si un médecin est présent sur place. La question plus précise porte sur le ratio entre le nombre de soignants et le nombre de résidents, en distinguant le jour et la nuit. Un établissement peut afficher une équipe médicale étoffée sur le papier tout en concentrant ses effectifs sur les créneaux de journée.
Demandez combien d’aides-soignants et d’infirmiers sont physiquement présents la nuit, et non simplement d’astreinte. La réponse varie fortement d’un EHPAD à l’autre et conditionne directement la rapidité d’intervention en cas de chute ou de malaise nocturne.
L’organisation en unités de vie mérite aussi une attention particulière. Certains établissements regroupent les résidents par groupes de quinze à vingt personnes, avec une équipe soignante dédiée à chaque unité. Ce modèle favorise la stabilité des repères pour les personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives, qui réagissent mal aux changements fréquents d’interlocuteurs. D’autres structures fonctionnent par étages de quarante résidents ou plus, avec des rotations de personnel plus fréquentes.
Parmi les établissements qui privilégient cette organisation en petites unités, ceux du réseau accessible sur https://lescamelias.lna-sante.com/ illustrent comment la structuration par groupes restreints s’articule avec un accompagnement personnalisé au quotidien.

Contrat de séjour en EHPAD : les clauses à lire avant la signature
Le contrat de séjour est remis au plus tard le jour de l’admission. Trois points méritent une lecture attentive avant d’apposer une signature.
Le premier concerne les conditions de résiliation. Vérifiez le délai de préavis exigé en cas de départ volontaire et les modalités de facturation pendant une hospitalisation prolongée. Certains contrats prévoient la conservation de la chambre pendant une durée limitée, d’autres facturent un tarif réduit dès le premier jour d’absence. Ces détails, rarement abordés lors de la visite, pèsent lourd si l’état de santé du résident évolue rapidement.
Le deuxième point porte sur le projet de vie personnalisé. Ce document, distinct du contrat, décrit les habitudes, les préférences et les objectifs d’accompagnement du résident. Demandez si ce projet est élaboré avec la famille dans les premières semaines suivant l’admission, et à quelle fréquence il est révisé. Un établissement qui ne mentionne pas ce projet ou le réduit à une formalité administrative envoie un signal préoccupant.
Le troisième concerne la désignation d’une personne de confiance. Cette désignation, encadrée par la loi, permet au résident de choisir un interlocuteur privilégié pour les décisions médicales. Vérifiez que le contrat prévoit explicitement cette possibilité et que la procédure est expliquée clairement lors de l’admission.
Droit de visite quotidien et accueil des animaux : ce que la loi Bien vieillir change
La loi dite « Bien vieillir » du 8 avril 2024 a introduit un droit de visite quotidien sans restriction d’horaire, inscrit à l’article L.311-5-2 du Code de l’action sociale et des familles. Le résident peut recevoir chaque jour la personne de son choix, sans obligation d’information préalable de la direction.
Lors de la visite, posez une question directe : le règlement intérieur et le contrat de séjour ont-ils été mis à jour pour intégrer ce nouveau droit ? Un établissement qui maintient des plages de visite rigides ou qui conditionne l’accès à une autorisation préalable ne respecte pas le cadre légal en vigueur.
- Demandez si des restrictions au droit de visite sont prévues et dans quels cas précis (risque sanitaire, demande expresse du résident). Toute restriction doit être notifiée par écrit et motivée.
- Vérifiez les modalités d’accueil des animaux de compagnie, encadrées par l’arrêté du 3 mars 2025 pris en application de la même loi. Le contrat de séjour doit préciser les conditions d’hébergement de l’animal, les règles d’hygiène et les situations où la présence peut être refusée.
- Interrogez l’équipe sur la manière dont les directives anticipées du résident sont recueillies et conservées, et sur la procédure suivie lorsque le résident n’est plus en mesure d’exprimer sa volonté.

Observer l’ambiance le jour de la visite
Au-delà des réponses formelles, la visite elle-même fournit des indices difficiles à falsifier. Observez si les soignants appellent les résidents par leur prénom, si les portes des chambres sont ouvertes ou fermées selon le souhait de chacun, et si les espaces communs sont occupés ou déserts en milieu de journée.
Un couloir silencieux à quinze heures un mardi peut signifier que les résidents dorment, mais aussi qu’aucune activité n’est proposée. Demandez le programme d’animation de la semaine en cours, pas celui du mois dernier.
Certification HAS et inspections : comment vérifier la qualité d’un EHPAD
La Haute Autorité de Santé (HAS) certifie les établissements médico-sociaux selon des critères portant sur la qualité des soins, la bientraitance et l’organisation interne. Demandez si l’établissement a été certifié et à quelle date remonte la dernière évaluation. Les résultats sont consultables publiquement.
Les inspections menées par les Agences régionales de santé (ARS) constituent un autre indicateur. Un établissement transparent communiquera sans difficulté sur les conclusions de la dernière inspection et sur les éventuelles mesures correctives mises en place.
Cette exigence de qualité se retrouve dans le fonctionnement de groupes comme LNA Santé, qui structure ses EHPAD autour de petites unités de vie de quinze à vingt résidents, avec un taux d’encadrement soignant supérieur à la moyenne du secteur. Groupe familial indépendant implanté en France et en Belgique, LNA Santé articule son offre autour de trois pôles : EHPAD, cliniques de Soins de Suite et de Réadaptation, Hospitalisation à Domicile.
La dimension humaine reste au centre de chaque prise en charge, et ses établissements sont certifiés par la HAS.
La visite d’un EHPAD dure rarement plus d’une heure. Préparer une liste écrite de questions, la transmettre à l’avance à la direction si possible, et noter les réponses sur place permet de comparer objectivement plusieurs établissements. Les réponses évasives ou renvoyées à plus tard sur le taux d’encadrement, le contenu du contrat de séjour ou la mise à jour du règlement intérieur constituent en elles-mêmes une information utile.

