Simulation et calcul de pension de réversion en ligne : mode d’emploi 2026

La pension de réversion représente jusqu’à 54 % de la retraite du conjoint décédé au régime général. Avant de lancer une simulation en ligne, une distinction souvent ignorée mérite d’être posée : le simulateur officiel d’Info-Retraite vérifie si vous avez droit à la réversion, mais il ne calcule pas forcément le montant exact que vous percevrez. Confondre ces deux périmètres fausse l’estimation et peut retarder la demande.

Simulateur de droit et simulateur de montant de réversion : deux outils, deux réponses

Le simulateur proposé par Info-Retraite centralise plusieurs régimes dans un seul parcours. Il répond à une question binaire : êtes-vous éligible à une pension de réversion, oui ou non ?

Le montant prévisionnel, lui, dépend de variables que cet outil ne traite pas toujours en détail. Ressources personnelles, partage entre ex-conjoints en cas de divorce, régimes complémentaires comme l’Agirc-Arrco : chaque paramètre modifie la somme finale.

Critère Simulateur de droit (Info-Retraite) Estimation de montant (calcul détaillé)
Objectif Vérifier l’éligibilité Estimer la pension mensuelle
Régimes couverts Parcours inter-régimes centralisé Calcul propre à chaque caisse (CNAV, Agirc-Arrco, fonction publique)
Plafond de ressources Pris en compte pour l’éligibilité Appliqué pour ajuster le montant réel
Partage entre ex-conjoints Mentionné mais non simulé précisément Proratisé selon la durée de chaque mariage
Données nécessaires État civil, situation maritale, revenus Relevé de carrière du défunt, montant de sa pension, vos revenus détaillés

Un résultat positif au simulateur de droit ne garantit pas un montant donné. Vérifier l’éligibilité et estimer le montant sont deux étapes distinctes, à mener l’une après l’autre.

Homme calculant sa pension de réversion sur un simulateur en ligne avec des documents administratifs

Plafond de ressources et revenus pris en compte : le point de blocage fréquent

Le régime général conditionne la réversion à un plafond de ressources. Si vos revenus personnels dépassent ce plafond, la pension est réduite ou supprimée. Plusieurs types de revenus entrent dans le calcul, et c’est là que les erreurs de simulation surviennent.

  • Les revenus d’activité professionnelle sont retenus après un abattement de 30 % s’ils proviennent d’une activité salariée
  • Les pensions de retraite personnelle (base et complémentaire) sont intégrées en totalité
  • Les revenus de biens mobiliers et immobiliers sont pris en compte, y compris les loyers perçus

En revanche, certains revenus sont exclus du calcul. Les prestations familiales et les pensions de réversion d’autres régimes ne viennent pas alourdir le total retenu.

Le simulateur ne détaille pas toujours quels revenus vous avez déclarés dans la bonne catégorie. Une erreur de saisie sur un revenu foncier ou sur un cumul emploi-retraite suffit à fausser le résultat de plusieurs centaines d’euros par trimestre.

Cas du partage entre ex-conjoints

Quand le défunt a été marié plusieurs fois, la réversion est répartie au prorata de la durée de chaque mariage. Le simulateur de droit signale cette situation, mais le calcul exact nécessite les dates précises de chaque union et de chaque divorce.

Un oubli de mariage antérieur dans la saisie donne un montant surévalué. La caisse corrigera lors de l’instruction du dossier, ce qui allonge le délai de traitement.

Délai de demande de réversion en ligne : le piège des douze mois

Déposer la demande dans les douze mois suivant le décès permet une rétroactivité du versement à la date du décès. Au-delà, le point de départ est fixé au premier jour du mois suivant le dépôt, et les mensualités antérieures sont perdues.

La plateforme Info-Retraite permet de déposer un dossier unique, transmis ensuite à chaque régime concerné. Cette centralisation simplifie la procédure, mais ne dispense pas de rassembler tous les justificatifs en amont.

Justificatifs à préparer avant la simulation

Les contenus en ligne insistent sur le calcul et l’éligibilité, mais détaillent rarement les pièces qui bloquent un dossier. Préparer ces documents avant même de lancer le simulateur fait gagner du temps.

  • Acte de décès et livret de famille (ou acte de mariage avec mention du divorce le cas échéant)
  • Dernier avis d’imposition du conjoint décédé et le vôtre
  • Relevé de carrière du défunt, disponible sur son espace personnel retraite
  • Justificatifs de revenus actuels : bulletins de pension, relevés de comptes de placements

Un dossier incomplet déclenche une demande de pièces complémentaires. Chaque échange avec la caisse ajoute plusieurs semaines au traitement.

Deux femmes consultant ensemble un simulateur de pension de réversion sur une tablette dans un salon

Régime complémentaire Agirc-Arrco : un calcul séparé à ne pas oublier

La réversion au régime complémentaire Agirc-Arrco fonctionne avec des règles différentes du régime général. Le taux appliqué est de 60 % des droits du conjoint décédé, et la condition de ressources n’existe pas pour ce régime.

À l’inverse du régime général, une condition d’âge ou de charges de famille s’applique. Le simulateur d’Info-Retraite couvre le parcours inter-régimes, mais le résultat affiché pour la partie complémentaire reste indicatif. Le montant définitif dépend du nombre de points accumulés par le défunt, information que seul l’Agirc-Arrco peut confirmer.

Pour un conjoint qui relevait à la fois du régime général et de l’Agirc-Arrco, additionner les deux pensions de réversion donne le revenu total. Ne simuler que le régime de base revient à sous-estimer la réversion de manière significative.

Ce que le simulateur ne remplace pas

Un simulateur en ligne reste un outil d’orientation. Il ne constitue pas une notification officielle de droits. Seule l’instruction complète du dossier par chaque caisse produit un montant juridiquement opposable.

Les écarts entre simulation et montant réel proviennent le plus souvent d’une mauvaise catégorisation des revenus, d’un oubli de mariage antérieur du défunt ou d’une confusion entre régime de base et régime complémentaire. Lancer la simulation tôt, idéalement dans les semaines suivant le décès, laisse le temps de corriger ces erreurs avant la limite des douze mois.

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